À Taounate, la carte d’identité vient aux lycées : un pas concret vers l’égalité des chances

À Taounate, la carte d’identité vient aux lycées : un pas concret vers l’égalité des chances

Hicham TOUATI 

En rapprochant les services de la carte nationale d’identité des lycéennes et lycéens, l’État transforme un acte administratif en geste citoyen, au cœur même des établissements scolaires de l’arrière-pays.

Dans les couloirs des lycées de Taounate, l’administration ne se vit plus comme une contrainte lointaine. Elle s’installe, pour quelques jours, au plus près des élèves. Grâce à une vaste campagne de proximité menée conjointement par la Sûreté nationale et la Direction provinciale de l’éducation nationale de Taounate, les élèves de première et de deuxième année du baccalauréat peuvent désormais établir ou renouveler leur carte nationale d’identité électronique sans quitter leur établissement. Un dispositif mobile, moderne et humain, qui illustre concrètement l’esprit de la « police citoyenne ».

Des unités itinérantes, équipées des dernières technologies biométriques, sillonnent les communes de l’ensemble de la province. Leur objectif est clair : lever les obstacles géographiques et sociaux qui freinent encore l’accès aux services publics, notamment pour les familles des zones rurales. Pour de nombreux élèves, cette démarche évite des déplacements longs et coûteux vers le centre provincial, souvent incompatibles avec le rythme scolaire ou les moyens familiaux.

Au-delà de l’aspect logistique, l’enjeu est éminemment éducatif. En permettant l’enregistrement et la vérification des données personnelles dans le système « Massar » avant les examens certificatifs, l’initiative sécurise le parcours scolaire des candidats au baccalauréat. Elle garantit aussi l’accès, dès l’âge légal de 16 ans, à un document d’identité indispensable pour toute démarche administrative ou pédagogique. Autant de détails techniques qui, mis bout à bout, font la différence dans un moment décisif de la scolarité.

Dans les établissements concernés, l’organisation est saluée pour sa rigueur et sa souplesse. Des espaces ont été aménagés pour accueillir les équipes de sécurité, dans le respect du temps d’apprentissage des élèves. « Tout s’est déroulé avec calme et efficacité », témoigne Kamal, élève en deuxième année du baccalauréat. « Nous n’avons pas eu à manquer les cours, et surtout, nous avons senti que l’administration faisait un pas vers nous. »

Même sentiment chez Aïcha, scolarisée en première année : « Pour ma famille, se déplacer jusqu’au centre de Taounate n’est pas simple. Le fait que la carte d’identité soit faite au lycée nous enlève un grand poids. C’est rassurant, surtout à l’approche des examens. » Des paroles simples, mais révélatrices d’un impact concret sur le quotidien des élèves.

Les associations de pères, mères et tuteurs d’élèves n’ont pas manqué d’exprimer leur satisfaction. Elles saluent une initiative qui allège la charge financière et organisationnelle des familles, tout en renforçant la confiance entre l’école, les parents et les institutions publiques. Abdessalam, père d’un élève candidat au baccalauréat, résume cet état d’esprit : « Quand les services viennent jusqu’à nos enfants, on se sent respectés et considérés. C’est une action qui mérite d’être généralisée. »

Cette opération, menée dans des conditions qualifiées de « modèles » par les acteurs locaux, illustre la force d’une coopération étroite entre l’éducation nationale et les services de sécurité. Elle traduit une responsabilité partagée : offrir aux élèves les conditions sereines nécessaires pour se concentrer sur l’essentiel, leur réussite scolaire.

À Taounate, la carte d’identité n’est plus seulement un document administratif. Elle devient le symbole d’un service public à hauteur d’élève, attentif aux réalités du territoire et porteur d’une promesse simple : celle d’un État qui va à la rencontre de sa jeunesse, au moment précis où celle-ci prépare son avenir.