Réforme éducative : la région Tanger–Tétouan–Al Hoceïma consolide ses résultats et adopte les programmes 2025-2026

Réforme éducative : la région Tanger–Tétouan–Al Hoceïma consolide ses résultats et adopte les programmes 2025-2026

À Tétouan, le conseil d’administration de l’Académie régionale de l’éducation et de la formation a adopté à l’unanimité les programmes 2025-2026, sous la présidence du ministre de l’Éducation nationale. Les données présentées font état d’une amélioration sensible de l’accès à l’école et d’un recul du décrochage scolaire, tandis que les établissements pionniers gagnent en importance dans la mise en œuvre de la réforme.

Le conseil d’administration de l’Académie de Tanger–Tétouan–Al Hoceïma, tenu au siège de la préfecture de Tétouan, a permis d’établir un bilan d’étape de la réforme éducative engagée depuis 2022-2023. Autour du ministre et des représentants des autorités territoriales, des élus et des institutions partenaires, les discussions ont porté sur les évolutions enregistrées au cours des trois dernières années et sur les priorités fixées pour 2026. Dans un contexte où la réforme du système éducatif fait l’objet d’un suivi attentif à l’échelle nationale, la région se présente comme l’un des espaces où ses résultats se manifestent de manière mesurable. La présentation de la directrice de l’académie, fondée sur des indicateurs statistiques, met en évidence une dynamique d’amélioration progressive, avec des rythmes différenciés selon les niveaux d’enseignement mais orientée, dans son ensemble, vers le renforcement des performances scolaires.

Les taux nets de scolarisation illustrent cette évolution. Au collège, ils atteignent 81,85 %, avec une progression de 13,3 points depuis 2022-2023. Au lycée, ils se situent à 55,34 %, en hausse de 18,2 points sur la même période. Ces résultats traduisent un élargissement de l’accès à l’enseignement secondaire et confirment l’effet des dispositifs de soutien mis en place dans les territoires ruraux et les zones à forte vulnérabilité sociale. Le recul du décrochage scolaire constitue un autre indicateur significatif. Le taux passe de 11,42 % à 8,5 % en deux ans. Les cellules de veille, l’accompagnement pédagogique renforcé et les mesures de soutien social contribuent à cette diminution.

Les dispositifs d’aide aux élèves dessinent une politique d’équité scolaire plus affirmée. Plus de 22 700 élèves bénéficient de la restauration scolaire. Près de 11 200 sont accueillés en internat. Plus de 84 500 disposent du transport scolaire. Le taux de réalisation dépasse les objectifs programmés. Ces mesures améliorent la stabilité des parcours éducatifs et limitent les ruptures de scolarité dans les environnements les plus fragiles.

Les conditions d’apprentissage connaissent également une amélioration progressive. La région se rapproche d’un primaire peu touché par la surcharge, les classes concernées ne représentant plus que 1,2 % du total. L’effort reste important au collège et au lycée, où le taux de classes surchargées atteint respectivement 11,5 % et 12,5 %. Le développement du réseau scolaire accompagne cette évolution. Soixante-quinze établissements supplémentaires ont été ouverts en trois ans, portant le nombre total d’écoles accueillant des élèves à 1 399, auxquels s’ajoutent 1 566 unités satellites. Cette capacité accrue permet de mieux contenir les classes multigrades au primaire, désormais fixées à 18,32 %, tout en soutenant des programmes d’extension et de réhabilitation dans les zones rurales et montagneuses.

Le programme des établissements pionniers occupe une place centrale dans la stratégie académique. Cinq cent cinq écoles primaires relèvent de ce modèle, soit 52 % du réseau régional. Soixante collèges y sont intégrés, représentant 25 % de ce niveau d’enseignement. Environ 260 000 élèves y sont scolarisés. Les évaluations font apparaître un taux de maîtrise des apprentissages fondamentaux de 77 % pour l’année 2024-2025. L’objectif fixé à l’horizon 2027 est de parvenir à 88 %. Ce dispositif joue un rôle d’entraînement dans la diffusion de pratiques pédagogiques structurées et dans la consolidation des apprentissages de base.

La vie scolaire constitue un autre levier d’amélioration. Environ 358 900 élèves participent aux activités parascolaires au titre de l’année 2024-2025, soit 47 % de l’effectif total. Plus de 5 400 clubs éducatifs sont actifs. Les objectifs visent une augmentation progressive de la participation à 58 % pour l’année en cours, puis à 65 % en 2027. En parallèle, le programme d’infrastructures et de modernisation se poursuit. Deux cent quarante-sept établissements sont réhabilités en 2025. Trois cent huit sont raccordés aux réseaux d’eau, d’électricité et d’assainissement. Deux cent soixante-dix-huit blocs sanitaires sont construits. Mille six cent soixante-neuf salles de classe sont équipées de vidéoprojecteurs. Quatre mille cinq cent quarante-six enseignants reçoivent un ordinateur portable. Ces actions renforcent les conditions matérielles d’enseignement et soutiennent la transition numérique des pratiques pédagogiques.

Le programme d’action pour 2026 s’inscrit dans la continuité de ces orientations. Il privilégie le renforcement des apprentissages fondamentaux, l’extension graduelle du modèle des établissements pionniers, la réduction du décrochage scolaire et de la surcharge des classes, ainsi que la consolidation des dispositifs de soutien social. Il accorde également une place centrale à la formation continue des personnels et au suivi des performances pédagogiques. L’approbation unanime du programme régional, de son budget et du plan de formation traduit une adhésion institutionnelle à ces choix stratégiques.

La séance se conclut par la signature d’avenants aux contrats de performance avec le ministère, le centre régional des métiers de l’éducation et les directions provinciales. Quatre conventions de partenariat sont également signées. Elles concernent l’accompagnement des démarches d’apprentissage collectif, la mise en place d’écoles de la deuxième chance orientées vers les métiers du sport, le renforcement de l’accompagnement psychologique en milieu scolaire et le soutien à l’éducation inclusive des élèves en situation de handicap. Ces engagements complètent les chantiers structurels engagés par l’académie. Ils confirment une trajectoire où l’amélioration des indicateurs d’accès, de maintien et de qualité des apprentissages contribue, de manière graduelle, à renforcer la confiance dans l’école publique régionale.