Préscolaire : la DEP de Moulay Yaacoub et la Fondation Zakoura unissent leurs efforts pour renforcer la qualité
Hicham TOUATI
Parce que tout se joue dès les premières années, acteurs institutionnels, éducateurs et familles ont été réunis au centre Moulay slimane, à Fès, pour repenser la qualité de l’enseignement préscolaire. Une mobilisation portée par la Fondation Zakoura, au cœur d’un effort national qui place l’équité et la qualité au fondement de l’école de demain.
Dans l’amphithéâtre My Slimane, à Fès, l’atmosphère était à la fois studieuse et engagée. Inspecteurs, éducateurs, responsables institutionnels et partenaires s’y sont retrouvés autour d’une même conviction : l’enseignement préscolaire n’est plus une étape périphérique du parcours éducatif, mais le socle sur lequel se construit toute réussite scolaire et sociale.
Cette rencontre s’inscrit dans le cadre d’une campagne nationale menée par la Fondation Zakoura pour l’Éducation, en application de la note ministérielle appelant à la mobilisation de l’ensemble des partenaires, notamment en vue de l’inscription des enfants âgés de 4 à 6 ans pour la prochaine rentrée. Au-delà de cet objectif d’accès, l’initiative vise à ouvrir un temps de réflexion collective sur un enjeu désormais central : la qualité des apprentissages et des conditions d’accueil.
Le directeur général de la Fondation, Mohamed Zaarri, a souligné que l’organisation de rencontres régionales accompagne cette dynamique nationale en offrant un espace de dialogue et de mobilisation. Selon lui, ces ateliers constituent à la fois une occasion de fédérer les acteurs autour de l’importance stratégique du préscolaire et de mettre en lumière les efforts conjoints déployés, en particulier par le ministère de l’Éducation nationale. Il a également exprimé sa reconnaissance à l’Académie régionale de Fès-Meknès et à la direction provinciale de Moulay Yaacoub pour leur engagement dans la mise en œuvre du programme national de généralisation et d’amélioration de l’enseignement préscolaire.
La rencontre a également donné la parole à des inspecteurs et à des experts du terrain afin d’ouvrir un débat concret sur les leviers d’amélioration au sein des classes et des unités accueillant les jeunes enfants. L’objectif, a-t-il insisté, est d’interroger les pratiques, d’enrichir les approches pédagogiques et de renforcer la qualité de l’environnement éducatif dans ces années décisives du développement.
L’engagement de la Fondation Zakoura dans ce domaine s’inscrit dans la durée. Depuis la création de ses premières classes en milieu rural en 2006, l’organisation a progressivement étendu son action. À partir de 2018, dans le sillage de l’impulsion royale en faveur de la généralisation et de la qualité du préscolaire, elle s’est pleinement associée à l’Initiative nationale pour le développement humain. Aujourd’hui, la Fondation contribue à plus de 15 % de l’offre nationale. Pour l’année scolaire 2025-2026, elle gère plus de 5 300 unités en activité, accueillant plus de 82 000 enfants répartis dans dix régions, en partenariat avec dix académies régionales et grâce à l’implication de milliers d’éducatrices et d’éducateurs.
Du côté des autorités éducatives, le directeur provincial de Moulay Yaacoub, Abdelaziz El Ahmar, a rappelé que cette table ronde s’inscrit également dans le lancement des journées portes ouvertes du préscolaire. Celles-ci visent à renforcer le lien avec les familles, à les accueillir, à écouter leurs attentes et à leur permettre de découvrir les productions des enfants ainsi que le fonctionnement de ce cycle éducatif. Le cœur des échanges, a-t-il précisé, porte sur la qualité de l’enseignement préscolaire, considérée comme une priorité pour sécuriser les parcours scolaires dès leur origine.
Au fil des interventions et des échanges, une idée s’est imposée : la généralisation, si elle constitue une avancée majeure, ne peut produire ses effets sans une attention constante à la qualité des pratiques, à la formation des éducateurs et à l’amélioration des conditions d’apprentissage. Derrière les chiffres et les dispositifs, c’est une vision de l’école plus équitable et plus efficace qui se dessine.
Car investir dans le préscolaire, c’est agir en amont des inégalités, donner à chaque enfant les mêmes chances d’entrer dans les apprentissages fondamentaux et, à terme, renforcer la cohésion sociale. À Fès comme ailleurs, la mobilisation autour de la petite enfance révèle une prise de conscience collective : l’avenir de l’école se construit bien avant les premiers cahiers. Et c’est dans cette attention portée aux premières années que pourrait se jouer, silencieusement mais durablement, la promesse d’une école plus juste et plus ambitieuse.








