Diplomatie du savoir : l’USMBA et le Cervantès scellent un partenariat stratégique
Hicham TOUATI
Une salle comble, une attention soutenue, une atmosphère à la fois solennelle et chaleureuse. Ce vendredi 13 février 2026, à la Faculté des Lettres et des Sciences humaines Dhar ElMehraz, la signature de la convention entre l’Université Sidi Mohamed Ben Abdellah et l’Institut Cervantès de Fès a pris la dimension d’un moment fondateur. À travers cet accord, c’est bien plus qu’un cadre institutionnel qui s’est dessiné. C’est l’affirmation d’une volonté commune de renforcer le dialogue entre deux nations que l’histoire, la géographie et la culture relient depuis des siècles.
Dans l’amphithéâtre rempli d’enseignants, d’étudiants, de chercheurs et de partenaires, la présence active des membres du laboratoire CREDIF témoignait de l’ancrage scientifique de cette initiative. Le média universitaire Universitatv a saisi les temps forts de la cérémonie, révélant la portée d’un événement qui inscrit l’université dans une dynamique d’ouverture concrète et assumée.
Le président de l’USMBA a placé cette rencontre sous le signe de la stratégie et de la projection vers l’avenir. Il a rappelé que la coopération engagée ouvre des perspectives nouvelles dans les domaines de la formation, de la recherche scientifique et de la promotion linguistique et culturelle. La convention ne constitue pas un aboutissement, mais le point de départ d’un programme d’actions structuré et durable, fondé sur la complémentarité des expertises et la recherche d’une excellence partagée. Forte de plus de cent mille étudiants, l’université confirme ainsi son ambition d’internationalisation et sa volonté d’offrir à sa communauté académique des horizons élargis et des opportunités concrètes.
Le directeur de l’Institut Cervantès de Fès a exprimé, avec simplicité et clarté, le sens de cet engagement. Cette officialisation vient prolonger une collaboration préparée depuis plusieurs mois et déjà nourrie par des échanges réguliers. L’objectif est d’inscrire cette relation dans la durée et de lui donner une stabilité qui permettra d’aller plus loin. Trois axes guideront le travail commun : la formation, la recherche et la coopération culturelle. À travers cette architecture claire, les deux institutions entendent construire un partenariat permanent, capable de produire des résultats visibles et utiles pour leurs publics.
Le doyen de la Faculté Dhar ElMehraz a apporté à la rencontre une profondeur historique et culturelle. Il a salué l’implication des équipes mobilisées ainsi que le rôle déterminant du laboratoire CREDIF dans la préparation de ce partenariat. Son intervention a rappelé que les échanges entre le Maroc et l’Espagne s’inscrivent dans une mémoire longue. L’évocation de l’aljamía, cette écriture qui transcrit une langue romane en caractères arabes, a illustré la richesse des circulations linguistiques et culturelles entre les deux rives. Les langues, a-t-il souligné en substance, portent la trace des rencontres et témoignent d’un héritage partagé qui continue d’inspirer la coopération académique.
Au-delà des discours, une convergence de visions s’est clairement dessinée. L’université affirme son rôle d’espace de dialogue, de circulation des savoirs et d’ouverture sur le monde. L’Institut Cervantès renforce sa mission de diffusion linguistique et culturelle dans une ville où l’intérêt pour la langue espagnole ne cesse de progresser. Ensemble, les deux institutions créent les conditions d’un impact direct sur les étudiants et les enseignants-chercheurs : renforcement des compétences linguistiques, projets scientifiques conjoints, activités culturelles partagées et nouvelles perspectives d’échanges académiques.
Alors que les relations entre le Maroc et l’Espagne atteignent aujourd’hui un degré de confiance et de coopération stratégique rarement égalé, ce partenariat universitaire en offre une expression tangible et vivante. Il rappelle que les liens les plus solides entre les nations se construisent dans la durée, au cœur des amphithéâtres, des laboratoires et des espaces où dialoguent les cultures.
Lorsque les signatures ont été apposées, le sentiment dominant n’était pas celui d’un aboutissement, mais d’un commencement. L’enjeu réside désormais dans la mise en œuvre, dans la capacité à transformer l’intention en projets concrets et en résultats durables. À Fès, ville de savoir et de mémoire, une nouvelle passerelle vient d’être posée entre les deux rives de la Méditerranée. Son avenir dépendra de celles et ceux qui la feront vivre, par le travail quotidien, la recherche et le partage des connaissances.










