Recherche, innovation, leadership : l’Euromed de Fès redessine la hiérarchie académique marocaine

Recherche, innovation, leadership : l’Euromed de Fès redessine la hiérarchie académique marocaine

Hicham TOUATI 

En à peine treize années d’existence, l’Université Euromed de Fès s’est hissée au sommet du paysage académique national. Portée par une reconnaissance internationale convergente et par le leadership scientifique de son président, Mostapha Bousmina, l’institution confirme une trajectoire singulière, où l’exigence académique se conjugue à l’impact scientifique et sociétal.

Il est des trajectoires universitaires qui défient le temps long, habituellement requis pour bâtir une réputation académique solide. À Fès, l’Université Euromed (UEMF) appartient désormais à cette catégorie rare. Fondée il y a treize ans à peine, elle vient d’être consacrée première université du Maroc par la plateforme internationale ScholarGPS®, spécialisée dans l’analyse de la performance scientifique à l’aide de l’intelligence artificielle. Une distinction qui place l’établissement en tête d’universités bien plus anciennes et installe durablement son nom dans le paysage académique international.

Cette reconnaissance ne se limite pas à l’institution. Elle s’incarne aussi dans une figure : celle de son président, le professeur Mostapha Bousmina, classé premier chercheur marocain toutes disciplines confondues, selon le classement « Top Scholars by Country – Morocco (All Fields, Lifetime) » de ScholarGPS®. À travers lui, c’est une vision de la recherche, exigeante et structurée, qui se voit saluée. Aux côtés de Bousmina, un autre chercheur de l’UEMF, Belkheir Hammouti, figure également parmi les scientifiques marocains les plus influents, confirmant la densité intellectuelle d’un pôle scientifique encore jeune mais déjà central.

Le classement national établi par ScholarGPS illustre ce basculement. L’UEMF devance l’Université Mohammed V de Rabat, l’Université Hassan II de Casablanca, l’Université Mohammed VI Polytechnique, ainsi que les universités Chouaib Doukkali et Cadi Ayyad. Un ordre symbolique, tant il marque l’irruption d’un établissement récent au sommet d’un champ longtemps dominé par des institutions historiques.

Cette performance s’inscrit dans une dynamique plus large, nourrie par une série de classements internationaux publiés en 2025. Huit chercheurs de l’UEMF figurent ainsi dans le très sélectif top 2 % des scientifiques les plus cités au monde, selon le classement Stanford–Elsevier. Sur le terrain du développement durable, l’université se classe première au Maroc dans le UI GreenMetric World University Rankings, saluant un engagement environnemental devenu structurant dans sa stratégie institutionnelle. Le Round University Ranking (RUR) va plus loin encore, plaçant l’UEMF au premier rang national, au deuxième rang africain, et parmi les universités les mieux positionnées à l’échelle mondiale en matière d’enseignement et de recherche-innovation.

À ces distinctions s’ajoutent celles de Times Higher Education, des Zairi International Awards et des Triple-E Awards, autant de signaux convergents qui dessinent le profil d’une université à la fois performante, visible et engagée. Loin de la simple accumulation de labels, ces classements traduisent un modèle universitaire fondé sur la rigueur scientifique, l’internationalisation, et l’ancrage sociétal.

Que cette réussite émane d’une université âgée de treize ans seulement n’est pas anodin. Elle interroge les rythmes traditionnels de reconnaissance académique et suggère qu’une stratégie claire, portée par un leadership scientifique fort et par une communauté de chercheurs investie, peut accélérer l’histoire. À Fès, l’Euromed ne se contente plus de rattraper les standards internationaux : elle les épouse, parfois les précède, et contribue à redessiner la cartographie du savoir au Maroc.

En s’imposant comme référence nationale et en affirmant sa place sur la scène internationale, l’UEMF rappelle que l’excellence universitaire n’est pas une affaire d’âge, mais de vision, de constance et de confiance accordée à la science. Reste désormais à transformer cette reconnaissance en un levier durable, au service de la formation des générations futures et du rayonnement scientifique du pays.