À Fès, le GS Aljabr érige l’école marocaine en carrefour africain et international de la robotique
Hicham TOUATI
À Fès, le temps d’un week-end, l’histoire ne s’est pas seulement racontée dans la pierre et la mémoire. Elle s’est aussi écrite en lignes de code, en engrenages précis et en regards brillants de jeunes venus d’horizons multiples. En accueillant la Coupe d’Afrique de la robotique, organisée dans le cadre du VEX V5 Robotics Competition – African Open Event, la capitale spirituelle du Royaume s’est affirmée comme un carrefour éducatif continental, où l’intelligence collective, l’innovation et l’esprit sportif ont pris le pas sur toute logique de classement ou de rivalité stérile.
Dès l’ouverture, la grande salle de la commune de Fès, mise gracieusement à disposition par le conseil communal, affichait complet. Pendant deux jours, elle n’a pas désempli. Élèves, enseignants et encadrants marocains ont constitué l’essentiel d’un public attentif, discipliné et enthousiaste, dont l’attitude exemplaire a marqué les délégations étrangères. Chaque équipe, sans distinction d’origine, a été encouragée avec la même ferveur, dans un climat de respect et de fair-play qui a valu au public marocain l’estime unanime des participants. Rarement une compétition technologique aura donné à voir, avec autant d’évidence, que la science peut aussi être un langage de fraternité.
Au cœur de cette réussite, l’engagement total du groupe scolaire Aljabr. Loin d’un simple soutien logistique, l’établissement a porté l’événement à bout de bras, mobilisant ses ressources humaines, pédagogiques et organisationnelles pour hisser cette première édition à un niveau international. La direction du groupe a confirmé, une fois encore, qu’Aljabr est un établissement de haut calibre, capable non seulement de former, mais aussi d’orchestrer des rendez-vous d’envergure continentale. Les coachs se sont particulièrement illustrés, à commencer par Fannane, longuement ovationné par une salle conquise, aux côtés de ses collègues Chamidou et Amine, dont le professionnalisme et la disponibilité ont été salués par toutes les équipes.
L’importance de cette compétition réside aussi dans sa philosophie. Ici, pas de podium figé ni de hiérarchie classique. Les résultats ont consacré la diversité des talents et des approches. L’Andorre et la Roumanie ont été récompensées pour le meilleur travail en duo, la Roumanie s’est distinguée par l’excellence en programmation et en pilotage, le groupe scolaire Aljabr et l’École d’ingénierie de Fès ont remporté le prix du meilleur design de robot, le Nigeria celui de l’innovation, la Tunisie le prix du jury et la Mauritanie la récompense de l’esprit sportif. Un fait rare et symbolique : toutes les délégations sont reparties primées, comme pour rappeler que, dans l’éducation et la science, la victoire est avant tout collective.
Invitées d’honneur, la Roumanie et l’Andorre ont apporté à cette Coupe d’Afrique une dimension résolument internationale, renforçant les échanges interculturels et la confrontation bienveillante des méthodes. Les équipes participantes n’ont pas manqué de souligner la qualité de l’organisation, l’accueil chaleureux et l’hospitalité du groupe scolaire Aljabr, mais surtout l’atmosphère saine et stimulante dans laquelle la compétition s’est déroulée. Beaucoup ont confié repartir de Fès enrichies, non seulement sur le plan technique, mais aussi humain.
Un clin d’œil particulier s’impose aux élèves journalistes du groupe scolaire Aljabr. Par leur professionnalisme, leur aisance dans les déplacements, leur capacité à capter les moments forts et à mener des interviews en arabe, en français et en anglais, ils ont incarné une autre facette de l’excellence éducative. Discrets mais efficaces, curieux sans être intrusifs, ils ont contribué à donner à l’événement une mémoire vivante et plurilingue, à la hauteur de son ambition.
Au terme de ces deux journées intenses, une certitude s’impose. La Coupe d’Afrique de la robotique à Fès n’a pas seulement couronné des robots ou des performances. Elle a consacré une vision : celle d’une école ouverte sur le monde, confiante dans sa jeunesse et capable de faire de l’innovation un levier de rapprochement entre les peuples. En transformant une salle communale en laboratoire d’idées et de talents, Fès a rappelé que l’avenir se construit dès aujourd’hui, lorsque l’éducation ose penser grand et agir juste.























