Fès célèbre la 21ᵉ édition du Festival national du film éducatif : un carrefour entre art , éducation et citoyenneté
Hicham TOUATI
Au centre régional des formations et des rencontres Moulay Slimane, le rideau s’est levé, ce lundi 28 avril 2025, sur la 21ᵉ édition du Festival National du Film Éducatif. Cette édition, portée par l’Académie Régionale de l’Éducation et de la Formation de Fès-Meknès, s’inscrit sous le signe éloquent : « Le film éducatif au service d’une école de qualité pour tous ».
Dans une ambiance à la fois solennelle et festive, les allocutions inaugurales ont tracé les lignes de force de cette manifestation artistique et pédagogique d’envergure nationale. Le directeur général chargé de la vie scolaire au sein du ministère de l'Éducation nationale, de l'Enseignement préscolaire et des Sports a ouvert les festivités par une déclaration vibrante, soulignant que l’attention portée au film éducatif et, plus largement, à la culture de l’image, ne constitue pas une distraction mais bien un levier essentiel de transmission des savoirs, de diffusion des valeurs et d’éveil à la citoyenneté.
S’adressant à l’auditoire, il a salué avec ferveur l’ingéniosité des élèves issus de toutes les régions du pays, encadrés par des équipes pédagogiques passionnées, estimant que leur accès à cette phase finale représente, en soi, un accomplissement remarquable, méritant les plus vives félicitations.
Prenant la parole à son tour, le Dr Fouad ROUADI, directeur de l'AREF Fès-Meknès et maître d’œuvre du festival, a accueilli chaleureusement l’ensemble des délégations participantes, affirmant que ce rendez-vous biennal, ancré dans le cœur battant de Fès, puise sa force dans l’héritage culturel de la ville autant que dans son ouverture sur les formes contemporaines de création. Il a insisté sur la vocation de ce festival à consolider l’axe entre l’art cinématographique et l’école, dans une perspective de qualité, d’inclusion et de renouvellement des pratiques éducatives.
La programmation, riche et exigeante, s’est construite comme une passerelle entre initiation artistique et réflexion pédagogique. Entre un colloque international sur les intersections entre cinéma et éducation, des ateliers de réalisation et d’écriture de scénarios animés par des professionnels renommés, et des projections en plein air ou en salle, la manifestation propose un véritable parcours de formation sensible et critique. Des figures emblématiques du cinéma marocain, telles que Mohamed Chrif TRIBAK ou encore Malika ZAIRI, ont apporté à l’événement leur regard éclairé, nourrissant les débats d’une profondeur salutaire.
Mais au-delà du simple plaisir esthétique, ce festival affirme une vision forte : celle d’une école ouverte, portée par la créativité, le dialogue et l’intelligence collective. En inscrivant cette initiative dans la mise en œuvre de la feuille de route 2022-2026, les organisateurs traduisent dans les faits une volonté politique ambitieuse : faire de l’élève un acteur de sa propre formation, lui offrir des espaces d’expression et d’émancipation, et lui permettre de s’approprier les langages symboliques du monde contemporain.
Ce mouvement s’illustre également dans les dynamiques de coopération entre académies, à travers des mécanismes de mutualisation thématique, qui valorisent les spécificités régionales tout en renforçant la cohésion nationale. L’essor de la participation, la montée en qualité des productions, et la montée en puissance des échanges témoignent d’un véritable changement de paradigme.
L’ouverture du festival avec le court métrage « La Marche Verte ? », projeté sur l’écran géant de la place Boujloud, a donné le ton : ici, le cinéma éducatif n’est pas un ornement. Il est un instrument vivant d’apprentissage, un vecteur de valeurs et un ferment de conscience collective. Le festival de Fès, en alliant exigence artistique et profondeur éducative, s’affirme comme un laboratoire de l’école de demain — une école sensible au monde, nourrie de culture, et tournée vers l’excellence partagée.
















