À Berlin, un hommage à la science et à l’humanisme : le Professeur Jalid Sehouli, un destin qui relie les rives

À Berlin, un hommage à la science et à l’humanisme : le Professeur Jalid Sehouli, un destin qui relie les rives

Hicham TOUATI 

Le 14 janvier 2026, la République fédérale d’Allemagne distinguera l’un de ses plus grands médecins en remettant l’Ordre du Mérite au Professeur Dr Jalid Sehouli. Un hommage rare, où la reconnaissance scientifique rejoint celle d’un parcours profondément humain, porté par deux cultures et une même exigence éthique : soigner, comprendre, relier.

Il est des distinctions qui dépassent l’individu pour dire quelque chose d’un pays, d’une époque, et de la manière dont la science peut encore éclairer la société. Celle que recevra le Professeur Dr Jalid Sehouli, à Berlin, le 14 janvier 2026, appartient à cette catégorie d’hommages qui, au-delà des mérites, racontent un chemin. Né en 1968 dans la capitale allemande de parents marocains, il a fait de cette double appartenance un ferment de rigueur, d’ouverture et de dialogue. Aujourd’hui directeur de l’oncologie gynécologique à la Charité – Universitätsmedizin Berlin, il est considéré comme l’un des pionniers de la discipline en Europe et dans le monde.

Son œuvre scientifique, qui compte plus de mille publications et une impressionnante mosaïque de coopérations internationales, a contribué à redéfinir les normes de prise en charge des cancers gynécologiques. Dans un domaine où chaque avancée peut changer une vie, le Professeur Sehouli a offert à la recherche non seulement des résultats, mais une vision : celle d’une médecine qui ne sépare jamais la précision du geste de la compréhension de la personne. Une approche qui lui a déjà valu, en 2016, une décoration royale de Sa Majesté le Roi Mohammed VI du Maroc, saluant son engagement scientifique et sociétal.

Car le mérite du Professeur Sehouli ne réside pas uniquement dans son extraordinaire carrière médicale. Il s’inscrit dans ce qu’il défend comme un devoir : une médecine plus humaine, plus lisible, plus proche de celles qu’elle accompagne. À travers ses ouvrages, ses interventions publiques et son travail clinique, il rappelle que la science ne peut être un langage fermé, qu’elle doit rester un espace de partage où l’empathie, la pédagogie et la responsabilité occupent une place essentielle. Ses actions sociales, son soutien constant aux initiatives citoyennes et son engagement pour un dialogue fécond entre l’Allemagne, le Maroc et la communauté internationale témoignent de cette conviction intime que la médecine est aussi un acte de cohésion.

Ce sont l’excellence, l’engagement et l’humanisme que salue aujourd’hui la plus haute distinction allemande. En lui remettant l’Ordre du Mérite, le Président fédéral honore un médecin au service de la vie, mais aussi un homme qui, par son histoire personnelle comme par son œuvre publique, a su construire des ponts : entre disciplines, entre sociétés, entre êtres humains. Dans un monde fragmenté, son parcours rappelle que les identités multiples ne divisent pas : elles enrichissent et relient.

Le 14 janvier 2026, à Berlin, la cérémonie officielle ne couronnera pas seulement une carrière brillante. Elle mettra en lumière un parcours exemplaire, celui d’un enfant de l’immigration devenu l’un des visages les plus respectés de l’oncologie moderne, et d’un citoyen du monde qui a toujours considéré que la science devait rester un acte profondément humain.