Quand l’uniforme se retire, la reconnaissance demeure : les visites solidaires de la DGSN aux retraités de la police

Quand l’uniforme se retire, la reconnaissance demeure : les visites solidaires de la DGSN aux retraités de la police

Hicham TOUATI 

Dans le prolongement des cérémonies nationales du mérite organisées par la Direction Générale de la Sûreté Nationale, des équipes mixtes se sont rendues dans les foyers de retraités souffrant de maladies chroniques. Une initiative profondément humaine qui replace la gratitude, la proximité et le respect au cœur de l’action sécuritaire.

Au-delà du service actif et des décorations officielles, la fidélité d’une institution se mesure à sa capacité à rester proche de celles et ceux qui l’ont servie. C’est dans cet esprit que, sur instructions du Directeur général de la Sûreté nationale et de la Surveillance du territoire, des équipes communes représentant la Fondation Mohammed VI des Œuvres Sociales des Fonctionnaires de la Sûreté Nationale, appuyées par les responsables de la police au niveau régional, ont entrepris une série de visites de courtoisie au domicile de plusieurs retraités et retraitées de la police, notamment ceux éprouvés par des pathologies chroniques.

Cette démarche solidaire s’inscrit dans le prolongement naturel des cérémonies de distinction et de mérite organisées le 18 novembre 2025 au Théâtre Mohammed V à Rabat, avant d’être déclinées à l’échelle régionale à travers les différentes directions et services de police du Royaume. Si les récompenses publiques ont mis en lumière les carrières, l’engagement et les réussites scolaires des enfants des fonctionnaires, les visites à domicile ont été conçues pour honorer, en toute sobriété, ceux dont la santé n’a pas permis de participer aux festivités. La reconnaissance, quand elle est sincère, sait aller vers ceux qui ne peuvent plus se déplacer.

La première phase de cette opération humanitaire a déjà couvert un ensemble diversifié de villes : Tanger, Tétouan, Fès, Meknès, Oujda, Al Hoceima, Settat, Béni Mellal, Agadir, Laâyoune, Errachidia, Nador, Taza, Ouarzazate, El Jadida et Safi, avant de se poursuivre prochainement pour toucher d’autres retraités installés dans le reste du territoire national. Chaque visite s’est déroulée dans un climat empreint de respect et de discrétion, offrant un moment de proximité rare où l’échange, l’écoute et le souci du détail prennent le pas sur le protocole.

Ces rencontres, à la fois simples et profondément symboliques, ont permis d’accorder une attention personnelle aux retraités : s’informer de leur état de santé, prendre connaissance de leurs besoins immédiats, comprendre leurs préoccupations, mais aussi renouer un lien que le départ à la retraite ne devrait jamais rompre. Les doléances recueillies seront rapportées aux instances compétentes au sein de la DGSN et de la Fondation Mohammed VI des Œuvres Sociales, avec la volonté d’y apporter des réponses dans le respect des cadres juridiques et administratifs. La solidarité, ici, n’est pas un slogan ; elle prend la forme d’un engagement suivi.

Pour les familles rencontrées, ces visites ont eu la saveur d’un hommage discret mais essentiel. Elles ont ravivé le sentiment d’appartenance à une grande famille professionnelle, celle des femmes et des hommes qui ont consacré leur jeunesse, leur énergie et parfois leur santé à la protection des citoyens et du territoire. La retraite n’efface ni les sacrifices, ni les souvenirs, ni le devoir de reconnaissance. Les initiatives comme celle-ci rappellent que le métier de policier, par ses exigences, tisse des vies faites d’abnégation et qu’il appartient à la communauté institutionnelle d’en préserver la dignité.

En multipliant ce type d’actions, la Direction générale de la Sûreté nationale réaffirme une philosophie qui ne se cantonne pas à l’exercice régalien du maintien de l’ordre. Elle met en scène une vision plus large, fondée sur le lien social, l’accompagnement et la fidélité envers ceux qui ont, pendant des décennies, servi sous ses couleurs. Cette fidélité, à la fois institutionnelle et morale, renforce le sentiment d’un continuum humain entre les fonctionnaires en activité et les retraités, et participe à la consolidation d’une mémoire collective faite de respect, d’engagement et de solidarité.

En choisissant de frapper à la porte de ses anciens serviteurs, la DGSN rappelle une évidence souvent oubliée : la sécurité n’est pas seulement un métier exercé dans la rue ou dans les commissariats. C’est une vocation dont les traces demeurent bien après le départ à la retraite, et que l’institution se doit de saluer avec tact, humanité et considération.