À l’ENS de Fès, 14 500 candidats à l’oral et un intérêt manifeste pour les métiers de l’Éducation

À l’ENS de Fès, 14 500 candidats à l’oral et un intérêt manifeste pour les métiers de l’Éducation

Hicham TOUATI 

Six journées d’épreuves, quelque 14 500 candidates et candidats et une mobilisation qui a sollicité pratiquement toutes les composantes de l’établissement. Du 3 au 9 septembre 2026, l’École normale supérieure de Fès a accueilli les épreuves orales du concours d’accès à la première année du cycle de licence de l’Éducation, destinées aux différentes filières de l’enseignement primaire et secondaire, toutes disciplines confondues.

Organisé les 3, 4, 5, 7, 8 et 9 septembre, le concours s’est déroulé dans de bonnes conditions malgré l’importance des effectifs accueillis. Les candidats, venus des différentes villes et provinces de la région Fès-Meknès, connaîtront les résultats de cette sélection le 16 septembre.

Pour faire face à une opération de cette ampleur, l’ENS de Fès a mobilisé son personnel pédagogique et administratif, avec l’appui de la présidence de l’Université Sidi Mohamed Ben Abdellah. Une dizaine d’anciens étudiants de l’École ont également rejoint les équipes chargées notamment de l’accueil, de l’orientation et de l’accompagnement des candidats.

Le directeur de l’ENS souligne que la réussite du concours a nécessité une coordination quotidienne entre les différentes équipes et une mobilisation continue des moyens humains et logistiques de l’établissement et de l’Université. L’enjeu, explique-t-il en substance, était de permettre à chaque candidat de passer son entretien dans des conditions régulières, malgré le nombre particulièrement important de postulants.

Sur le terrain, cette organisation reposait aussi sur des étudiants engagés dans le dispositif. Chaimae Aurighe, étudiante en master et membre du comité d’organisation, a notamment témoigné de la mobilisation des équipes pour orienter les candidats et fluidifier leur passage dans les différents espaces réservés au concours.

Pour les enseignants participant aux jurys, l’oral ne se limite pas à mesurer des connaissances. Un professeur engagé dans les entretiens relève que cette étape permet également d’apprécier la capacité du candidat à s’exprimer, à argumenter et à se projeter dans une formation conduisant aux métiers de l’éducation. Le niveau de participation constitue, selon lui, un signe de l’intérêt que ces formations continuent de susciter auprès des jeunes.

Cet intérêt se retrouve dans les motivations exprimées par les candidats. Une jeune postulante dit avoir choisi cette voie parce qu’elle souhaite faire de la transmission des savoirs son métier. Un autre candidat évoque un oral exigeant mais passé dans un climat qu’il juge rassurant. Une troisième candidate, venue accompagnée de sa famille, voit dans le concours une première étape vers un projet professionnel qu’elle associe autant à l’enseignement qu’à la responsabilité éducative.

À l’extérieur de l’ENS, le concours avait aussi son autre visage : celui des parents et des proches qui, chaque jour, attendaient la sortie des candidats. Cette affluence a nécessité la mobilisation des autorités locales et des services de la Sûreté nationale de Fès, présents pour sécuriser les abords de l’établissement, organiser les flux et veiller à la tranquillité des candidats comme de leurs accompagnateurs.

Au-delà de sa dimension organisationnelle, cette session livre ainsi un enseignement plus large. La présence de 14 500 candidats pour intégrer une formation aux métiers de l’éducation ne suffit pas, à elle seule, à mesurer l’évolution de l’attractivité de la profession enseignante. Elle révèle néanmoins un intérêt considérable pour une voie longtemps présentée comme exigeante et dont la responsabilité sociale demeure centrale.

Le 16 septembre, les résultats départageront les candidats. Mais le véritable enjeu commencera après la sélection : transformer l’ambition de ceux qui rejoindront l’ENS en compétence, en exigence pédagogique et, surtout, en capacité à exercer l’un des métiers qui façonnent durablement une société.