À Fès, l’USMBA défend son excellence scientifique face aux tentatives de discrédit

À Fès, l’USMBA défend son excellence scientifique face aux tentatives de discrédit

Hicham TOUATI 

Dans un contexte où elle célèbre son cinquantenaire et confirme pour la huitième année consécutive sa position de première université publique marocaine au classement international Times Higher Education 2026, l’Université Sidi Mohamed Ben Abdellah de Fès se retrouve confrontée à une polémique née d’une accusation de « plagiat scientifique ». Une affaire vite éclaircie par une enquête interne et une lettre d’excuses du plaignant, mais qui interroge, au-delà de l’épisode lui-même, les motivations de certaines campagnes de dénigrement visant les institutions académiques les plus performantes du pays.

Dans le paysage universitaire marocain, rares sont les établissements qui portent une trajectoire aussi structurante et continue que celle de l’Université Sidi Mohamed Ben Abdellah (USMBA) de Fès. Cinquante ans après sa création, forte de ses treize établissements, de ses plus de cent mille étudiants et d’un corps professoral et administratif hautement qualifié, l’université fassie s’impose comme une locomotive du savoir et de la recherche au niveau national. Sa performance n’est pas seulement symbolique : pour la huitième année consécutive, elle conserve sa place de première université publique marocaine dans le prestigieux classement Times Higher Education – World University Rankings 2026, publié le 9 octobre 2025, face à plus de 2 190 universités issues de 115 pays.

Cette reconnaissance internationale, fondée sur des critères exigeants: qualité de la formation, environnement de recherche, impact scientifique des publications, ouverture internationale et transfert de la connaissance , consacre une dynamique d’excellence patiemment construite. Elle conforte la crédibilité académique de l’USMBA, renforce l’attractivité de ses laboratoires et favorise la coopération scientifique avec des partenaires de haut niveau. Elle améliore également la perception de ses diplômés auprès des employeurs, qui y voient la garantie de compétences solides et d’un professionnalisme éprouvé. Dans un monde académique fortement concurrentiel, se maintenir au sommet relève moins d’un acquis institutionnel que d’un effort permanent.

C’est paradoxalement à ce moment-clé du rayonnement de l’université qu’une polémique a émergé, relayée par certaines plateformes numériques. Un enseignant de l'Institut des Sciences du Sport a été accusé de « vol scientifique », à travers une plainte initiale déposée par un ancien étudiant et rapidement amplifiée sur les réseaux sociaux. L’affaire aurait pu nourrir la confusion et altérer la confiance du public si la réaction institutionnelle n’avait pas été aussi rapide que rigoureuse. La présidence de l’université, en coordination avec la direction de l’institut, a immédiatement ouvert une procédure administrative et scientifique, auditionnant l’ensemble des parties concernées, dans le respect des principes de transparence et de déontologie académique.

Les conclusions du processus d’enquête ont toutefois pris un tournant décisif lorsque le plaignant lui-même a adressé une seconde lettre, intitulée « Lettre d’excuses et de clarification », dans laquelle il a totalement disculpé l’enseignant mis en cause. Il y reconnaît que la plainte initiale n’était pas le fruit d’une conviction personnelle, mais qu’elle avait été formulée sous l’influence d’un autre enseignant de l’institution, dont il n’a pas mentionné le nom. Il précise, en outre, que les travaux scientifiques concernés relevaient du cadre normal de l’encadrement académique reçu durant son parcours de master : l’enseignant avait participé à l’analyse statistique et à la rédaction de la discussion scientifique, son nom figurant légitimement parmi les coauteurs de l’article. Le plaignant admet finalement avoir agi par précipitation et erreur d’appréciation.

À la lumière de ces éléments, l’institut a rappelé que les allégations contenues dans la plainte initiale ne relevaient que de fausses informations, susceptibles de porter atteinte à la réputation de la recherche scientifique et à l’image des enseignants et des institutions universitaires. L’université et l’institut ont affirmé ne tolérer aucune tentative visant à ternir leur crédibilité académique, tout en se réservant le droit d’engager les démarches nécessaires pour défendre la dignité de leurs corps professoral et institutionnel. Ils ont également appelé les médias à vérifier leurs sources et à privilégier les canaux officiels avant la diffusion d’informations sensibles touchant à la vie scientifique.

Au-delà de l’épisode, une question demeure : pourquoi, dans un moment où l’université consolide sa visibilité internationale et son rôle stratégique dans la production du savoir, surgissent des tentatives de fragilisation symbolique de son capital académique ? S’agit-il d’initiatives isolées, ou bien d’un symptôme plus large lié aux tensions qui traversent parfois l’espace universitaire ? L’incident révèle en tout cas la nécessité d’une éthique partagée de la responsabilité scientifique et médiatique, à l’heure où la moindre rumeur peut prendre la forme d’un « fait » avant même que l’enquête n’en établisse la véracité.

En célébrant son cinquantenaire, l’Université Sidi Mohamed Ben Abdellah apparaît plus que jamais comme une institution à la fois ancrée dans son territoire et ouverte sur le monde, soucieuse de conjuguer excellence académique, innovation et mission sociale. L’épisode récent n’a pas affaibli son élan ; il a au contraire rappelé l’importance de consolider les mécanismes de transparence, de vigilance institutionnelle et de confiance collective. La trajectoire d’une université d’avenir se mesure sans doute autant à ses succès internationaux qu’à la manière dont elle affronte les tentatives de déstabilisation. Et l’histoire, désormais ouverte, continue d’écrire la place de Fès comme pôle universitaire d’excellence et d’influence scientifique sur la scène nationale et mondiale.