La promesse tenue d’un transport universitaire enfin à l’écoute des étudiants de l’USMBA de Fès

La promesse tenue d’un transport universitaire enfin à l’écoute des étudiants de l’USMBA de Fès

Hicham TOUATI 

Longtemps reléguée au rang des urgences silencieuses, la question du transport universitaire à Fès connaît un tournant décisif. Lors du lancement des nouveaux bus du transport urbain, les autorités régionales ont acté un changement de cap clair : les étudiantes et étudiants de l’Université Sidi Mohamed Ben Abdellah figureront désormais parmi les premiers bénéficiaires des lignes directes, concrétisant une attente nourrie par des années de difficultés et une mobilisation constante.

Il est des dossiers qui, à force d’être ajournés, finissent par incarner les fragilités d’une ville. À Fès, le transport universitaire a longtemps été de ceux-là. Chaque matin, des milliers d’étudiants quittaient les quartiers périphériques bien avant l’aube, affrontant la saturation des bus et l’incertitude des correspondances pour rejoindre les campus de Dhar El Mehraz, de Saïss ou de la route de Sefrou. Cette réalité, éprouvante et répétitive, a façonné une revendication persistante : celle de lignes directes, dignes d’une métropole universitaire accueillant plus de cent mille étudiants.

C’est dans ce contexte que s’est déroulée, le lundi 15 décembre, la mise en service des nouveaux bus du transport urbain de Fès, au grand dépôt jouxtant le complexe sportif de la ville. La cérémonie, présidée par le wali de la région Fès-Meknès, le Dr Aït Taleb, aux côtés du président du Conseil régional et du maire de Fès, a dépassé le cadre protocolaire. Elle a marqué l’émergence d’un discours politique assumé : celui de la reconnaissance des attentes étudiantes comme une priorité de l’action publique.

Interrogé par le directeur de la plateforme UniversitaTV, le maire de Fès a tenu à dissiper toute ambiguïté. Il a affirmé que le wali avait insisté, dès avant le lancement officiel, sur la nécessité de placer les étudiants au premier rang des bénéficiaires du nouveau dispositif. Un message clair, destiné à traduire en décisions concrètes des années de doléances souvent ignorées.

Le président du Conseil de la région Fès-Meknès, Abdelouahed El Ansari, a pour sa part rappelé l’ampleur de l’effort consenti. Initié dès 2022, le chantier du transport urbain aboutit aujourd’hui à la mise en circulation de 154 bus, appelés à être portés à 268, pour un investissement global de 62 milliards de centimes. Concernant les lignes directes vers les pôles universitaires, il s’est voulu rassurant : leur programmation est acquise et les étudiants en seront effectivement bénéficiaires.

Au-delà des chiffres, l’enjeu est profondément humain. Il touche à l’égalité des chances, à la régularité des parcours académiques et au rapport quotidien des étudiants à la ville. Conscient de cette dimension, le maire de Fès a souligné que l’ensemble des quartiers sera relié au centre urbain ainsi qu’aux différentes universités, y compris l’Université Sidi Mohamed Ben Abdellah et l’université Euro-Méditerranéenne. Chaque établissement disposera de lignes adaptées, fruit d’un dialogue en cours avec l’opérateur chargé du service.

Cette avancée résonne également comme l’aboutissement d’un engagement institutionnel constant. Le président de l’Université Sidi Mohamed Ben Abdellah n’a cessé, selon les responsables communaux, de rappeler lors de chaque réunion avec les autorités que la question du transport universitaire conditionne la réussite de plus de cent mille étudiants. Une détermination qui a pesé dans la maturation du dossier et contribué à faire de cette revendication une priorité partagée.

Il reste désormais à franchir l’étape décisive : celle de la mise en œuvre effective des lignes directes promises. Mais pour les étudiants de Fès, l’essentiel est déjà acquis : leur quotidien, longtemps cantonné aux marges des politiques urbaines, a enfin trouvé place au cœur de la décision publique. Dans une ville au passé universitaire prestigieux, le transport redevient ainsi un levier de cohésion, et non plus un obstacle au savoir.