À Rabat, la conférence AI2SD pose la question de l’autonomie technologique du Maroc

À Rabat, la conférence AI2SD pose la question de l’autonomie technologique du Maroc

Hicham TOUATI 

L’École Mohammadia d’Ingénieurs, qui relève de l’Université Mohammed V de Rabat, accueillera du 4 au 6 novembre 2026 la 10ᵉ Conférence internationale sur les systèmes intelligents avancés pour le développement durable (AI2SD’2026). Des chercheurs marocains et étrangers y discuteront des usages de l’intelligence artificielle, notamment dans l’agriculture et la gestion de l’eau, avec une question de fond pour le Maroc : comment développer ses propres solutions ?

L’ouverture officielle est prévue le mercredi 4 novembre à 8 h 30 au siège de l’École Mohammadia d’Ingénieurs. Oman et la Jordanie sont les deux pays invités d’honneur de cette édition, qui réunira des chercheurs, des responsables universitaires et des représentants du monde industriel. Leur participation donne une place particulière à la coopération scientifique entre le Maroc et ses partenaires arabes.

Pour le professeur Mostafa Ezziyyani, président du congrès, cette coopération doit aider le Maroc à acquérir les moyens de concevoir les technologies qu’il utilise. Il plaide pour un renforcement des capacités nationales de recherche et développement afin que les équipes marocaines puissent produire des connaissances et élaborer des solutions adaptées aux besoins du pays.

La gestion de l’eau et l’agriculture donnent une portée concrète à cette ambition. Comment exploiter les données disponibles pour mieux orienter l’irrigation ? À quelles conditions un outil conçu en laboratoire peut-il être testé dans une exploitation agricole ? Les conférences, les tables rondes et les présentations de travaux prévues à Rabat permettront de confronter les approches des chercheurs. Le programme abordera également l’IA générative, la robotique et la cybersécurité.

Les organisateurs font état de plus de 2 500 contributions scientifiques publiées et de plus de 25 ouvrages et volumes scientifiques depuis le lancement du congrès. Cette 10ᵉ édition coïncide avec le 51ᵉ anniversaire de la Marche verte, commémoré le 6 novembre, dernier jour de la conférence.

Dans le domaine de l’eau, une première piste serait de réunir des équipes de recherche et des acteurs de terrain autour d’une question précise, comme le suivi des besoins d’irrigation. Reste à voir si les rencontres de Rabat donneront lieu à des travaux communs et à des essais dans les exploitations agricoles.

Sources

Université Mohammed V de Rabat