Voir, savoir, pouvoir : le CREDIF place Fès à l’heure des métamorphoses de l’image
Hicham TOUATI
Au cœur de la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines Dhar El Mahraz, le laboratoire CREDIF s’apprête à ouvrir un temps fort de réflexion scientifique et esthétique. Pendant trois jours, chercheurs, universitaires et doctorants interrogeront les pouvoirs de l’image dans nos sociétés contemporaines, entre savoir, influence et création.
Dans le sillage d’une dynamique académique en pleine effervescence, le laboratoire CREDIF de l’Université Sidi Mohamed Ben Abdellah de Fès annonce la tenue du colloque international « Repenser l’image : esthétique, pouvoir et société », prévu du 2 au 4 avril 2026. Un rendez-vous scientifique d’envergure qui ambitionne de croiser les regards disciplinaires autour d’un objet devenu central dans la compréhension du monde contemporain : l’image, dans toutes ses formes, ses usages et ses enjeux.
Dès le jeudi 2 avril, à partir de 15 heures, les travaux s’ouvriront par une séquence inaugurale de haute tenue, placée sous la modération d’Asmae Senhaji. Cette ouverture sera marquée par les allocutions de figures institutionnelles majeures, au premier rang desquelles le professeur Mustapha Ijaali, président de l’USMBA, dont la présence confère à l’événement une portée institutionnelle significative. À ses côtés interviendront notamment le professeur Mohamed Moubtassime, doyen de la FLSH Dhar El Mahraz, ainsi que le professeur Chakib Tazi, directeur du laboratoire CREDIF, et le professeur Mustapha Elouizi, membre du comité d’organisation .
La séance inaugurale, prévue dans la continuité, s’annonce comme un moment intellectuel fort avec la conférence du professeur Mohammed Noureddine Affaya, intitulée « La fabrique du visible : perception et enjeux esthétiques ». Une réflexion attendue, à la croisée de la philosophie, de l’esthétique et des sciences humaines, qui donnera le ton d’un colloque placé sous le signe de la profondeur critique. Elle sera suivie d’une présentation d’ouvrage par le professeur Mustapha Elouizi, témoignant du dialogue fécond entre production scientifique et diffusion du savoir .
Au fil des journées des 3 et 4 avril, le colloque déploiera un programme particulièrement dense, alternant séances plénières, panels thématiques et sessions parallèles. Chercheurs marocains et internationaux : issus notamment de Paris, Casablanca, Béni Mellal ou encore de Turquie, confronteront leurs approches autour de thématiques aussi variées que la sémiotique de l’image, les représentations culturelles, les enjeux politiques du visible ou encore les mutations induites par le numérique et les algorithmes. L’image y sera envisagée tour à tour comme outil de connaissance, vecteur de pouvoir, espace de création ou terrain de manipulation.
La qualité des intervenants, la diversité des horizons académiques et la richesse des problématiques abordées confèrent à ce colloque une dimension résolument internationale. Mais au-delà de cette ouverture, c’est aussi l’engagement des doctorants du laboratoire CREDIF qui mérite d’être souligné. Présents en nombre dans les différents panels, ils porteront des contributions ancrées dans les préoccupations contemporaines, confirmant, comme à l’accoutumée, leur rôle moteur dans la vitalité scientifique du laboratoire.
À travers cet événement, le CREDIF réaffirme son positionnement comme espace de réflexion critique et de production intellectuelle de premier plan, où se rencontrent générations de chercheurs et disciplines multiples. Dans un monde saturé d’images, où le visible façonne autant qu’il informe, ce colloque ouvre une brèche salutaire : celle d’un regard lucide, interrogatif et profondément humain sur ce qui se donne à voir.
Et peut-être est-ce là, au croisement du savoir et du sensible, que se joue l’essentiel : apprendre à voir autrement pour mieux comprendre le monde.